La digitalisation de la fonction finance : quels enjeux pour les DAF à l’horizon 2025 ?

Les décisions stratégiques des DAF sur leurs priorités sont souvent scrutées. Quels sont les enjeux des DAF pour les années à venir ? La digitalisation de la fonction finance est souvent évoquée mais est-ce vraiment primordial ? Dans cet environnement de crise sanitaire, les directions financières sont plus que jamais en première ligne.

Au début de l’année 2020, l’objectif principal des DAF était l’augmentation de la croissance de l’entreprise. Cependant, avec l’arrivée dès le premier trimestre de la crise de la Covid-19, cet objectif s’annonce plus difficile. Etant donné le nouveau contexte économique, les enjeux changent. Dorénavant, le mot d’ordre principal des entreprises pour l’année 2020 est de sauver les bilans annuels.

Le mot d’ordre est désormais « adaptabilité »

Les changements et les mesures de gestion survenus suite à la crise sanitaire, ont affaibli économiquement certaines entreprises. D’après une enquête de la Chambres de commerce et d’industrie menée dans deux départements (Rhône et Loire), 85% des entreprises annoncent une baisse des commandes et des ventes. Selon cette même enquête, 8% révèlent avoir des difficultés à régler les fournisseurs. Les futures décisions des DAF sont donc d’autant plus importantes pour l’avenir de celles-ci. Les DAF doivent s’adapter à ce nouveau contexte particulier.

« Adaptabilité », c’est le mot qualifiant cette année 2020 assez particulière. Et ce terme est aussi approprié pour définir les ambitions des entreprises dans les années à venir. Car savoir s’adapter et sélectionner les bons outils est essentiel pour leur avenir et rester dans la course. Passer le cap de la digitalisation des fonctions financières devient donc nécessaire au succès de l’entreprise.

Dimatérialisation prévision DAF

1) La priorité immédiate : la maîtrise de la trésorerie

La crise sanitaire que nous connaissons menace l’équilibre financier des entreprises. Afin d’atténuer cette fragilisation, maîtriser sa trésorerie est impératif et stratégique. Pour cela, la fonction finance doit travailler sur les délais de paiement et profiter des aides de l’Etat.

  • Le soutien de l’Etat aux entreprises

Pour soulager les entreprises fragilisées par cette crise, l’Etat a mis en place des aides financières afin de sauvegarder leur trésorerie. L’une des mesures mise en place est l’étalement ou le report des échéances fiscales. Autre dispositif mis en place pour soutenir les entreprises, un report allant jusqu’à 6 mois des remboursements de crédits accordé par la Banque publique d’investissement (Bpifrance), sans aucune pénalité. Enfin, l’Etat a mis en place un Fonds de solidarité pour le mois de mars afin de venir en aide aux entreprises. Ces dispositifs ont un but : maintenir à flot les entreprises et sécuriser la trésorerie. L’objectif est de leur permettre de tenir leurs engagements de paiement envers leurs fournisseurs.

  • La trésorerie, gage de confiance dans la relation client-fournisseur

On sait que pour l’équilibre de la trésorerie, la fonction finance ne néglige pas d’encaisser ses clients. Cependant, il ne faut pas oublier que chaque entreprise est souvent elle-même cliente d’une autre. Et pour la stabilité du cycle financier, il est primordial de ne pas bloquer le règlement de ses factures… Si la trésorerie est vitale pour une entreprise, elle l’est tout autant pour ses fournisseurs. En outre, cette initiative permet de maintenir la confiance dans les relations client-fournisseurs.

En cette période de crise sanitaire de la Covid-19, le futur des entreprises dépend de la trésorerie. Daniel Bacqueroët, président nouvellement nommé de la DFCG, intervient dans ce sens : « Nous, financiers, nous nous devons – plus que jamais – d’être exemplaires, d’assumer nos responsabilités avec éthique, solidarité, proactivité et vigilance en refusant des « optimisations » financières contraires à la solidarité nationale…». Cela vous permettra de conserver une base solide pour vos échanges futurs avec vos partenaires.

2) La gestion des données pour limiter les risques et éviter la fraude

Pour 2020 et les prochaines années, la maîtrise des risques financiers est une préoccupation. La digitalisation de la fonction finance apparait comme l’un des enjeux majeurs des DAF. En effet, améliorer le suivi permet une meilleure prévision des flux de votre trésorerie, et donc d’anticiper la situation financière de l’entreprise. De plus, évaluer la fiabilité des trésoreries de vos fournisseurs vous permet de choisir avec qui vous voulez travailler (il est normal de ne pas s’engager avec une entreprise qui est en cessation de paiement par exemple).

Autre risque majeur lié à la qualité de vos données : la fraude. En 2018, plus de 7 entreprises sur 10 ont été victimes d’une tentative de fraudes au virement, et 1 entreprise sur 4 a été victime d’une fraude avérée. La première cause de tentative de fraude étant la fraude au faux-fournisseur (fausse identification) qui s’élève à 47%, suivi à 30% par l’usurpation d’identité (banques, avocats…). Alors que les tentatives de fraudes ne cessent d’augmenter, la digitalisation devient la réponse à cette nouvelle problématique des entreprises. La stratégie financière des entreprises mise donc sur les nouvelles technologies qui permettent de mettre en place une automatisation, et donc une sécurisation des données financières.

3) La formation et l’accompagnement au changement

Qui dit nouvelle technologie, dit aussi formation ! En effet, pour répondre aux nouveaux besoins technologiques, la gestion des talents devient inévitable. Selon une étude de Wavestone (Baromètre CFO 2020), seulement 48% des DAF pensent que les équipes sont suffisamment formées par rapport aux enjeux de digitalisation. La formation et l’accompagnement sont des enjeux essentiels puisque trois projets de transformation digitale sur quatre échouent lorsque l’entreprise n’a pas réussi à accompagner le changement de ses collaborateurs sur le long terme.

Sophie Serratice, associée People & Organization chez PwC, le souligne en ces termes : « La transition des compétences est également un projet qui embrasse les incertitudes de l’avenir et fait le pari de la confiance, dans la capacité des collaborateurs à acquérir de nouvelles compétences, dans la capacité des managers et des leaders à accompagner cet apprentissage constant ».

Or, pour les prochaines années, si digitalisation des process est une évidence, afin de répondre aux nouveaux enjeux stratégiques des entreprises, la DAF devra s’adapter mais aussi être accompagnée. Car même avec les meilleurs outils, si les équipes ne possèdent pas les compétences, le potentiel ne sera pas exploité, ni valorisé. Dans cette optique, selon l’étude de PwC « Priorités 2020 du Directeur financier », la gestion des talents arrive en 3e position pour les priorités 2020.

Mais rassurez-vous, il ne semble pas nécessaire de se lancer dans de longs processus de recrutement. En effet, pour les DAF, les talents se trouvent majoritairement en interne, à travers le développement des soft skills (63%) et des compétences techniques (54%). Afin de rester compétitif et d’exploiter au mieux les opportunités offertes par la transformation digitale, les équipes devront donc travailler autrement. A savoir : s’adapter, ce qui sous-entend être accompagnées et formées.

Dans cet avenir proche, une nouvelle perspective s’ouvre aussi aux DAF. Une récente étude du cabinet Gartner révèle que 74% des DAF considèrent le transfert d’une partie de leurs employés en télétravail (au moins 20%). C’est un changement d’organisation qui pourrait devenir une norme. De plus, 90 % des DAF ont déclaré que leurs opérations de clôture comptable pourront se dérouler efficacement et sans perturbations hors site. Pour les DAF, la digitalisation de la finance se révèle donc comme l’un des enjeux prioritaires.

4) Le pilotage de la performance

Pour l’année 2020, le directeur administratif et financier, habituellement pilote de performance, devient aussi pilote de la crise économique que traverse l’entreprise déclarée à la suite de la crise sanitaire mondiale. Ses décisions sont tournées vers la mise en place de mesures adéquates et nécessaires pour sauvegarder les finances de l’entreprise.

Ce challenge est accompagné sur le long terme d’une autre priorité : la performance financière. Avant la crise de la Covid-19, près de 60% des DAF avaient pour priorité la croissance financière de l’entreprise. A l’avenir, un des enjeux pour la fonction finance sera de relancer cette croissance pour les prochaines années : augmenter le chiffre d’affaire et, pour les entreprises les plus efficaces, la rentabilité. Cet objectif motivera en conséquence les enjeux des DAF pour la digitalisation de la fonction finance.

En réponse à cet objectif : une solution de dématérialisation des données administratives et financières. Selon l’étude Gartner, 64% des interrogés avouent passer encore trop de temps à la production de données. Ceci est notamment dû à la difficulté d’exploitation et d’analyse des données récoltées. En conséquence, 65% des DAF désormais souhaitent faire évoluer leurs processus avec de nouveaux outils digitaux. D’ailleurs, 43% considèrent l’innovation comme un facteur déterminant de croissance. En effet, une solution de dématérialisation permet de collecter et de gérer les données efficacement. Moins de temps est donc consacré à la production des données et plus à leur exploitation.

Grâce à la transformation digitale, l’accès à la data est simplifié, et le DAF peut ainsi contrôler les données beaucoup plus efficacement. Ce pilotage lui permet d’obtenir des analyses et des prévisions sur les capacités financières de son entreprise, en temps quasi réel. La double crise actuelle (sanitaire et économique) révèle le bénéfice d’un outil de digitalisation des données à court et long terme.

En conclusion

Si la digitalisation de la fonction finance est primordiale, le DAF se positionne désormais comme un leader dans la digitalisation des process de son entreprise. Clara Silvestri, CFO de Microsoft France, le souligne dans une interview réalisée par BearingPoint : « Le CFO 4.0 doit être le fer de lance de la transformation digitale des entreprises ».

Pour répondre aux besoins de l’entreprise et rester compétitif face à la concurrence, les DAF choisissent de se tourner vers les nouvelles technologies. La digitalisation de la finance s’impose donc comme enjeux pour les DAF dans les futures années à venir. Selon PwC, 67% des DAF envisagent la digitalisation de leur système opérationnel dans les trois ans à venir.

La course aux outils est donc déjà en cours et va continuer ! La digitalisation de la fonction finance doit répondre aux enjeux des DAF et à la stratégie de l’entreprise. Se préparer dès aujourd’hui à cette transition digitale inévitable permet de rester compétitif et efficace. D’autant plus que les bénéfices de cette transformation sont nombreux : fiabilité, efficacité, maîtrise des risques, capacité prévisionnelle et anticipation …

 

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